Il y a quelques jours j’ai lu un post intéressant qui pose la question de savoir s’il n’y aurait pas une pyramide de Maslow de la consommation d’information.
Outre l’intérêt de cet article lui-même, j’y ai trouvé matière à réflexion sur la « cross fertilization ». En effet nous nous servons dans le coaching de multiples outils comme entre autres : la pyramide de Maslow , les niveaux logiques, le modèle d’Hudson (utilisé depuis l’aube du coaching aux USA et dont curieusement la traduction de l’œuvre maîtresse vient seulement de sortir en français)
etc, pour faire avancer la réflexion de nos clients. Or ces outils sont très puissants et ils peuvent être utilisés dans de multiples autres circonstances. Au passage cela valide le coaching comme une discipline de plus en plus mature.
De fait on peut parfaitement les utiliser dans de nombreuses situations dès que la matière humaine est en cause. Bien au-delà de la sociologie, l’économie, le marketing mais aussi la politique devraient y avoir recours plus souvent.
Parmi leurs multiples qualités ils ont celles de la simplicité et de la rigueur et ce ne sont pas de minces vertus quand il s’agit de raisonner sur la matière humaine !
Je suis un fervent défenseur de l’utilisation de tels outils dans les séances de coaching justement à cause de la clarté qu’ils confèrent à la démarche de coaching trop souvent comprise comme un discours psychologisant ou de conseilleur « non-payeur ».
Une mention toute particulière doit être faite de la Spirale de l’Évolution fondée sur les travaux de Clave W. Graves. En effet cette théorie et le process qui en est issu sont de puissants outils d’analyse des problématiques du leadership dans l’entreprise mais aussi dans le monde politique. Elle a été utilisée par exemple par des conseillers politiques du gouvernement Sud-Africain quand ce pays a eu à faire face aux énormes problèmes liés à la fin de l’apartheid.
J’aimerais bien savoir quelle est la part réservée à l’étude approfondie de ces outils dans nos Grandes Écoles ?
Que leurs élèves anciens et actuels, que les responsables de leurs programmes me répondent, j’en serais ravi.
Je lis assez régulièrement le blog de Pierre Bilger et son post d’aujourd’hui sur les problèmes posés par la transparence des rémunérations des dirigeants de grands groupes m’amène à faire quelques commentaires.
Je répète assez souvent dans mes séances de coaching qu’un problème ne se règle pas au niveau où il se pose, suivant en cela le modèle des niveaux logiques. Ce modèle me semble s’appliquer parfaitement aux réflexions qui alimentent le post en question.
Oui c’est vrai les rémunérations des dirigeants et – parce que cela est similaire – les revenus du personnel politique posent la question de leur justification, de leur équité et de leurs sources. Alors tout naturellement semble t’il l’opinion se pose la question de la transparence de ces rémunérations, comme si du fait qu’elles seraient publiques elles en seraient plus justes, équitables et honnêtes. Cela conduit les commentateurs, dont Pierre Bilger, à s’interesser aux moyens, limites, fondements de cette transparence.
Apparemment c’est un probème sérieux qui justifie effectivement moultes réflexions; sauf qu’à mon avis on se trompe de niveau logique et on traite d’une conséquence et non du véritable problème. Soyons direct: pourquoi s’interroger sur la transparence si ce n’est parce qu’on sous-entend que ces rémunérations ne sont ni claires, ni justifiées, ni équitables? C’est bien parce qu’on veut lutter contre ces caractéristiques négatives que l’on prône la tranparence en commettant ainsi une faute de logique me semble t’il.
Les conséquences de cette faute de logique sont désastreuses à plusieurs titres:
Premièrement elles sont un alibi pour ne pas traiter le problème sous-jacent avec le cortège des catastrophes que peut donner le sentiment de bonne conscience dans lequel on raisonne. Démagogie?
Deuxièmement elles contribuent à obscurcir la question elle-même. En l’occurence celle de la transparence : quels moyens, quelles limites à cette transparence par exemple, qui deviennent eux-mêmes des problèmes à résoudre et soulèvent évidemment des questions pertinentes, mais qui nous éloignent encore un peu plus de la problématique d’origine. Noyer le poisson?
Troisièmement on consomme une grosse quantité d’énergie au sens le plus large du terme sur le mauvais point d’application. Inefficacité.
Il faut monter d’un niveau ( l’expression classique « élever le débat » tant décriée prend pourtant ici tout son sens). Qu’est-ce qui entraîne les abus patents dans ces rémunérations? Pourquoi constate t’on une corrélation entre une bonne transparence et un bas niveau de corruption? Comment se fait-il que la transparence ne soit pas une vraie question dans des sociétés où les revenus sont élevés mais la justice sociale un peu plus équitable?
C’est à ces niveaux là qu’il faut s’interroger. Poursuivre des pistes comme la promotion de la responsabilité personnelle, de l’adhésion à un système de valeurs et sa promotion, le souci politique de créer les conditions d’un véritable espoir d’amélioration de la condition dans laquelle vit la population, etc…
Sauf que voilà ce niveau de problème est plus ardu à traiter alors c’est plus simple de rester au niveau inférieur. Apparemment. Un peu comme je réplique à l’insulte du conducteur irrascible par une autre insulte. Dangereux!
Je vous invite à mettre le blog gapingvoid dans vos favoris
C’est une source inépuisable d’humour anglais décalé. Je vous recommande en particulier
la livraison du 23 juillet
Définitivement j’aime les gens comme Luc Ferry et je vous recommande en particulier ses interviews sur le site de l’excellente publication : Nouvelles Clés et dans Le Figaro Magazine de cette semaine.
Ils ont le don de remuer des idées fondamentales sans (trop) jargonner et surtout de sentir l’air du temps. Pas question ici de polémiquer sur un sens d’un à-propos qui aurait des relents mercantiles que d’ailleurs je n’aurais aucune envie de condamner.
Non, bien au contraire, je reprends à mon compte cette approche d’un philosophe sur les tâches -les objectifs – et les conditions de l’efficacité de la philosophie telle qu’il la conçoit pour la replacer -l’annexer ? – dans le contexte du coaching.
Le coaching est une discipline à part entière qui emprunte aux diverses sciences, humaines en particulier , et retrouve les trois tâches que Luc Ferry assigne à la philosophie.
« D’abord nous faire mieux comprendre comment le monde fonctionne ». C’est l’une des premières étapes d’un coaching que d’élever son degré de lucidité sur la situation dans laquelle on se trouve.
« Ensuite elle doit nous aider à définir les meilleures règles du jeu pour vivre ensemble ». C’est le cœur des entretiens de coaching où l’on va poser ses limites claires, apprendre à écouter l’autre et tenter de comprendre ses propres règles de fonctionnement puis, fort de la découverte de ces règles, adapter ses comportements au monde dans lequel on agit, pour enfin définir ses stratégies avant de passer à l’action.
« Enfin …. , répondre à (la) question :pourquoi comprendre le monde et pourquoi faire tant d’efforts pour vivre ensemble ? Quel est le sens de ces efforts, ont-ils un sens ? ». Là encore c’est une étape fondamentale, essentielle, de toute démarche de coaching : trouver un SENS, LE sens, aux objectifs que l’on se fixe d’atteindre pour qu’il soutienne les efforts de progrès.
Cette correspondance des « tâches » me réjouit à double titre. D’une part elle confirme le coaching dans son statut de discipline à part entière qui suit entre autres un processus comparable à l’une des disciplines les plus anciennes à laquelle j’ai toujours souhaité me raccrocher et d’autre part rattache la philosophie au monde concret du vécu des gens, renvoyant définitivement les pompeux qui la limitent à l’exégèse des textes à leurs poussiéreuses certitudes et discours abscons.
Elle m’encourage par ailleurs à poursuivre un engagement dans lequel je me suis lancé il y a quelques temps de développer dans un livre l’utilité de la consultation philosophique comme outil de coaching.
Dans nos métiers le mot « sens » revient à longueur de temps. C’est totalement justifié. Donner un sens à ce que l’on vit, fait, désire est effectivement une condition indispensable à la mobilisation positive pour la réalisation de tout projet, pour l’atteinte de tout objectif, pour l’accomplissement de toute ambition de progression.
Mais la répétition de ce mot à tout bout de champ lui fait trop souvent perdre sa signification (son sens ?). Donner du sens à, trouver un sens à, cela fait sens, … Une ample littérature traite de ce sujet et je vous renvoie à sa lecture attentive pour de se faire une idée précise de ce que signifie ce mot.
Une récente réflexion et des lectures ont attiré mon attention sur le fait que le « sens » tel qu’on l’entend dans le coaching est plus un flux qu’un état, qu’il est une notion dynamique.
Cela permet de mieux comprendre pourquoi ce concept de sens est si important et en même temps si complexe à saisir.
Si on le conçoit comme un flux alors effectivement il est déclencheur de mouvement parce qu’il concourt à une finalité, parce qu’il devient une aspiration, alors que si on se borne à en faire une explication il ne résout presque rien et risque de ne rester qu’une cause perdant par là une grosse partie de sa puissance mobilisatrice.
De la même manière si l’on accepte que le sens soit un flux et non pas un état alors il devient évolutif ; cela implique que le sens que je donne à une action, à un projet peut évoluer au cours du temps sans qu’il s’agisse d’une condamnation de la pertinence de l’action ou de l’ambition poursuivie.
C’est la distinction entre le sens/signification et le sens/direction : finalement c’est tout bête ; faut-il encore se le dire.