Je prends connaissance presque simultanément de deux enquêtes sur le coaching et elles méritent quelques commentaires.
L’une est publiée par le Journal du Net-Management qui insiste sur le sujet après un « appel à témoins » dont je m’étais fait l’écho dans le précedent billet. Tant mieux!
L’autre, beaucoup plus fouillée, est disponible sur le site du groupe américain SherpaCoaching. C’est la seconde année que ce groupe conduit cette enquête et il est intéressant de constater les évolutions d’une année sur l’autre. Certes la quasi totalité des coachs ayant répondu à l’enquête de SherpaCoaching est américaine ( nous devons être une petite poignée de non-américains à y avoir participé), mais ce marché est le premier marché mondial et, comme pour beaucoup d’autres ,il est un précurseur de tendances.
Ce que j’ai retenu?
Tout d’abord que la définition du coaching et le statut des coaches sont encore hétérogènes dans un marché qui, même aux Etats-Unis, est loin d’être mature. En tout cas le terme « coach » est une trouvaille puisqu’il est endossé par une majorité de professionnels d’autres spécialités : Consultants de tous poils, psy en recherche de nouveaux horizons, formateurs à l’étroit dans leur spécialité. Cette « annexion » me semble probablement contre productive pour le coaching. En effet le client ne peut pas voir de grande différence car ces professionels continuent de pratiquer leur métier de base, celui où ils sont à l’aise et sûrement compétents, comme avant. Ainsi le client ne peut expérimenter véritablement une discipline nouvelle pour lui et cela aura tendance à le décevoir.
La bonne raison de cet état du marché de l’offre de coaching est que le coaching ne rapporte pas nécesairement des ponts d’or!. Prenons les chiffres de nos confrères américains. Le revenu moyen annuel des coachs toutes spécialités confondues est de 43.000 $ bruts ce qui n’est pas une fortune dans ce pays (soit environ 33.000 € bruts en France avec près de 40% de charges à déduire!). Et encore il s’agit d’une moyenne car les coaches installés depuis plus de cinq ans et qui ont une « vraie clientèle de haut de gamme » déclarent des revenus annuels de l’ordre de 150.000$ et constituent 54% du panel de l’enquête de SherpaCoaching. Le métier de coach est donc rarement un métier principal. Serait-ce l’explication du fait que selon International Coaching Federation près de 70% des coaches sont des femmes dont l’âge moyen est compris entre 45 et 55 ans? Il est vrai qu’elles sont sur-représentées dans l’ensemble à cause de leur nombre dans le life coaching qui constitue en volume le plus grand nombre de clients. Intéressant également de savoir que la tendance est pour des rendez-vous tous les quinze jours alors qu’antérieurement ce rythme était plutôt hebdomadaire; cela signifie qu’il faut mécaniquement deux fois plus de clients pour le même chiffre d’affaires!
C ‘est la certification qui fait le coach pour 64% des utilisateurs « entreprises » même si 50% d’entre eux exigent qu’en plus le coach justifie d’une véritable expérience professionnelle et de management réussie. En revanche l’accréditation, si elle rassure, n’est pas semble t’il indispensable. Cela signe les efforts qu’ont encore à faire les organismes « accréditeurs » (ICF, SFCoach, ICCO,…) auxquels il est souvent reproché d’être à la fois des organismes de formation qui certifient et des organismes accréditeurs. En France à première vue il semberait qu’il y ait moins de collusion mais les organsimes de formation au coaching qui délivrent des certifications sont fortement représentés dans les associations qui accréditent. Notre législateur si prompt à dénoncer les dérives de notre secteur d’activité ferait beaucoup mieux de concentrer ses efforts sur la promotion d’un organisme d’accreditation indépendant. Quoique ma nature serait de souhaiter que la profession s’organise elle-même, mais je n’ai entendu parler de rien à ce sujet.
Le coaching a de multiples points d’application dans l’entreprise mais plus de la moitié des coachings sont faits pour améliorer et développer les capacités de leadership des coachés ». .Il s’adressent à des tops (20%) et des seniors (25%) managers, bien que la tendance soit clairement pour une diffusion dans tout l’organigramme de l’entreprise. Cela reste néanmoins considéré comme un outil de luxe, à tort!
Une autre considération m’a …disons…. , amusé! Seulement 9% des utilisateurs ont une méthode pour évaluer l’efficacité des coachings qu’ils commandent, et 62% avouent n’avoir que des moyens « anecdotiques » d’évaluation. Il y a donc bien un monde entre les entretiens préalables à une mission de coaching pendant lesquels les commanditaires harcèlent le coach de questions sur ses moyens de prouver son efficacité, et la réalité des processus d’évalution. Mais, sans vouloir vexer personne, je dois bien reconnaître que je n’avais pas besoin de l’enquête pour le deviner. Une fois le coaching en place, c’est souvent une galère pour débriefer correctement son déroulement…Je le déplore d’autant plus que j’y suis très attaché et que moi je m’en préoccupe pendant tout le coaching.
Enfin une constatation qui me fait personnellement très plaisir: la tendance -en entreprise- est clairement pour les rendez-vous en face à face. Le téléphone perd du terrain. Il est vrai qu’il regagne ce terrain perdu dans le life-coaching.
Voilà de quoi méditer…., et réagir!
Plus qu’un long discours, je vous renvoie à un excellent article du Journal du Net – management, qui propose des témoignages de personnes s’étant faites coacher. C’est court, sans baratin et édifiant! Bon, ce type de publication n’a pas vocation à démonter le sujet qu’elle met en « accroche », mais c’est bon de lire des témoignages « cash » qui sonnent d’ailleurs véridiques pour qui a l’expérience du coaching. J’ai plaisir à dire que la grande majorité de mes clients pourraient parfaitement écrire ce que j’ai lu. D’ailleurs …. qu’ils n’hésitent pas à témoigner, il semble que la rubrique doive durer encore quelques temps!
Le mentoring devient de plus en plus en vogue dans les entreprises à juste titre parce qu’il présente de multiples et significatifs avantages comme ceux de :
• renforcer la cohésion dans la pyramide des âges
• assurer une transmission efficace de la culture de l’entreprise
• enrichir le rôle des seniors, voire il justifie leur emploi au-delà de la fatidique « limite d’âge » si dommageable actuellement dans notre pays.
• conforter les juniors qui peuvent ainsi prendre plus tôt des responsabilités opérationnelles plus larges.
Bref ce type d’accompagnement semble vraiment un deal gagnant/gagnant pour tous les participants.
D’autant plus gagnant que les entreprises pensent pouvoir économiser ainsi le coût de ressources extérieures pour accompagner le développement de leurs employés les plus prometteurs.
Cependant un intéressant article de BusineesWeek met opportunément l’accent sur les dérives du mentoring mal administré.
Cela démontre une fois encore, s’il en était besoin, que l’on ne s’improvise pas accompagnateur!
En effet, le mentor même s’il est un senior respecté et confirmé n’est pas un professionnel de la relation et pourtant cette qualité sera déterminante dans la réussite du mentoring. Ainsi on ne peut que recommander aux entreprises qui se lancent dans le mentoring de donner aux mentors un minimum de formation à leur mission.
Franchement je ne vois pas mieux qu’un coaching pour eux ! Non seulement ils apprendront comment s’y prendre, mais pourront, dans un forme de supervision, corriger leurs comportements inappropriés. C’est un domaine nouveau dans lequel VS&M développe son expertise à l’image de la société américaine citée dans l’article de BusineesWeek avec laquelle nous sommes entrés récemment en relation. N’hésitez pas à nous contacter à ce sujet; vous verrez c’est une opération rentable qui vous évitera bien des déboires.
Je vous invite à lire un article qui fait le point sur la possibilité – ou plutôt les restrictions – de financer un coaching par le budget formation dans une entreprise.
Ces dispositions issues du processus typiquement administratif qui est caractéristique de notre esprit français me navrent. Elles sont un des multiples exemples des blocages qui pénalisent toute innovation dans notre pays et entraînent les pires dérives en voulant protéger, mais mon Dieu quoi?
En gros – oui en très gros même parce que le texte est particulièrement indigeste et clair comme du jus de boudin – un coaching peut être financé sur les fonds destinés par l’entreprise à ses dépenses de formation si on l’habille en formation! Tu l’as dit bouffi!
C’est tout simplement grotesque.
Le coachingn’est pas de la formation. Il s’en distingue en particulier, mais pas seulement, en cela qu’il permet d’acquérir en plus d’un savoir, un savoir-être; notamment parce qu’un coaching s’inscrit dans une durée et accompagne activement la mise en place et l’intégration des apprentissages.
Pourtant il entre bel et bien très souvent dans le cadre de la formation des personnes auxquelles il s’adresse.
Les exemples seraient trop nombreux à lister de façon exhaustive mais citons au hasard les apprentissages:
des bases de la communication interpersonnelle
des théories de la personne
de la gestion du temps
de l’art de gérer un stress
de l’art de fédérer et de motiver des équipes
pour ne citer que les « grands classiques » d’un coaching de cadres dirigeants.
Mais pourquoi ne pas le laisser financer par le budget formation?
Pour protéger les multiples organismes de formation qui, flairant le bon coup ( ils facturent les coachings plus cher que leurs prestations classiques) vendent le coaching comme un séminaire sans avoir les compétences réelles de coaching et surtout sans accepter les contraintes en temps, horaires, investissement personnel et vérification de l’atteinte des objectifs que réclame un coachig sérieux?
Parce que le gens de l’administration ne veulent pas avouer qu’ils ont peur de cette discipline qu’ils ne connaissent pas vraiment?
Enfin le résultat est calamiteux.
D’une part il constitue un frein au développement de la discipline car les responsables RH rechignent à juste titre à maquiller les prestations,
et d’autre part il incite les coachs les plus fragiles à mettre leur drapeau dans la poche et à édulcorer leur art en une formation déguisée afin d’être engagés.
J’avoue que je n’ai jamais eu ce problème et aucune des entreprises qui m’a fait l’honneur de me faire confiance n’a jamais demandé que je déguise mes prestations pour pouvoir utiliser le budget formation. J’avoue également que j’ai fait des séminaires pour transférer en une seule fois certains savoirs qui s’avéraient nécessaires à plusieurs personnes concernées ensuite par un programme de coaching individuel. Mais il n’ a jamais été question de travestir des coachings en formations.
Cela me désole d’autant plus que j’entends souvent des cadres me dire qu’ils « font du coaching » alors même qu’ils ne font qu’assister à des séminaires dont ils m’avouent qu’ils ne retiennent presque rien après un mois. Ils sont d’ailleurs le plus souvent déçu de ce qui leur a été présenté comme un coaching. Sauf qu’évidemment l’entreprise consomme alors son budget formation et leur donne l’impression « qu’on les fait coacher », ce qui apparaît plus valorisant.
Bon sang! Mais quand donc laissera t’on les entreprises libres de leur choix? Il y a vraiment d’autres moyens de s’assurer qu’elles donnent à leurs employés les formations nécessaires! Ne serait-ce que leur compétitivité!
Rassurez-vous bonnes gens l’administration administre, elle ne fait même que ça.
Avec l’ouverture de la campagne pour l’élection du Président de la République on voit fleurir les émissions de radio mais surtout de télévision autour du sujet: normal!
Nombre d’entre elles sont de fait des forums de commentateurs et c’est là où je suis agacé, mais pas seulement là on le lira plus loin.
En effet je pense que la fonction du journaliste est de recueuillir des faits, de les vérifier et de les diffuser, full spot!
Or on est envahi de prétendues analyses, de supposés éclairages différents, de données « pour mieux comprendre » et là le bât blesse car sans prétendre être un Pic de la Mirandole, on s’aperçoit très vite que la culture des intervenants sur les sujets qu’ils prétendent traiter est nettement insuffisante lorsqu’on en vient aux idées.
Certes cette culture est généralement encyclopédique sur les comportements des candidats, « les petites phrases » assassines, les anecdotes souvent déplacées et autres bruits de couloir.
Alors on pose des questions – y compris aux candidats eux-mêmes – en précisant bien de ne pas lasser l’auditeur ou le téléspectateur par des chiffres trop nombreux ou des développements trop longs et on abouti à ne jamais aller au fond des choses. Les programmes des candidats sont tellement condensés qu’ils en deviennent presque illisibles et ainsi on peut les dénaturer et caricaturer sans vergogne sous le couvert d’un commentaire « autorisé » comme le disait Coluche.
Il est de bon ton dans notre paysage audiovisuel de ne pas attaquer les médias et pourtant ils le méritent. C’est le formatage auquel ils procèdent eux-mêmes qui nuit à la bonne circulation de l’information.
Oui ce n’est pas facile d’exposer dans son entier la question des régimes spéciaux de retraite, oui c’est assez difficile de conserver l’attention des téléspectateurs en exposant le problème de la dette publique et tous ses attendus, oui il faut beaucoup de talent -et surtout de travail – pour expliquer en quoi une politique libérale diffère d’une politique socialiste sans tomber dans le schématique parti pris. Oui, mais la situation le mérite et c’est comme cela que se construit le vrai débat démocratique. La démocratie a un prix et il n’est pas seulement financier il est aussi d’effort culturel.
Les hommes et femmes politiques prennent des cours de communication pour se comporter efficacement devant les medias, je ne leur lance pas la pierre car sans cela ils n’existeraient même pas, mais il faut que des voix s’élèvent pour réclamer une modification du mode de fonctionnement des medias.
Il n’est qu’à voir et entendre comment les animateurs de débats coupent les interventions qu’ils jugent trop longues ou qui risqueraient de faire fuir la « ménagère de cinquante ans ». Or c’est bien les médias eux-mêmes qui pour satisfaire leur modèle économique ont formaté ce que l’on va proposer à la « ménagère » en question.
Si les débats qui vont venir sont du même tonneau que les émissions dites de société dont on nous gave en prétendant nous distraire (Ardisson, Bern, Ruquier et consorts) alors la démocratie sera galvaudée dans les caniveaux du populisme et il ne faudra pas venir se plaindre après coup.
Messieurs et dames journalistes, je vous en prie soyez à la hauteur des enjeux !