Une interrogation sur le coaching
Certes je me suis éloigné pendant ces derniers mois de mon activité de coach pour régler quelques autres problèmes et prendre un peu de recul. Est-ce un effet de cette prise de distance, mais il me semble que la scène bondée que j’ai quittée se soit un peu organisée.
Les deux institutions se voulant représentatives de la profession: la SFcoach et de l’International Coach Federation France ont modernisé leur site sur le web. La SFcoach avait déjà pris l’importante décision il y a deux ans de se transformer en une association professionnelle dans le louable dessein de n’accueillir en son sein que des coachs pratiquant réellement leur discipline. ICFFrance semble moins discriminante dans son recrutement mais du coup moins claire dans ses objectifs. On remarque que bon nombre de membres de l’un sont également membre de l’autre et éplucher les listes de ces membres montre à l’évidence que seuls quelques ténors y sont présents. Et pour peu que l’on sache lire entre les lignes on devine aisément que la majorité d’entre eux ne vit toujours pas du coaching stricto sensu mais du conseil en ressources humaines ( ce qui est bien différent) et surtout de la formation au coaching qui reste un excellent filon.
Est-ce étonnant? Non bien sûr!
La tendance très française -mais pas seulement- à normaliser et encadrer pousse les professionnels du coaching au protectionnisme. Les arguments développés sont toujours les mêmes: la sécurité du consommateur, la protection contre les dérives ( sectaires dans le cas du coaching), etc…
Sauf qu’après plus de cinq ans d’expérience, je prétends que le coaching, tout en étant une discipline rigoureuse, est plus comparable à un art qu’à une pratique professionnelle. Il y a sûrement des syndicats de violonistes, de pianistes et autres instrumentistes mais ceux qui font des concerts ne sont pas sélectionnés dans une liste de l’association professionnelle des violonistes ou des pianistes, mais pour la réputation qu’ils ont acquise au fil de leurs performances.
Il s’agit là d’une douloureuse constatation, pour moi le premier car je me rends parfaitement compte de la fragilité d’une position lorsque l’on ne fait pas tout ce qui est nécessaire pour se faire connaître. Curieusement j’ai accompagné des instrumentistes classiques et à chaque fois j’ai constaté que ce n’était pas la maîtrise de leur art qui était en question mais leur personnalité plus ou moins adaptée à rendre public leur talent.
Ainsi je pense que se profile une classe de personnes qui tente de gagner son pain quotidien et le beurre pour mettre dessus dans l’auxiliariat de la gestion des ressources humaines et que l’on nomme à tort « coach ». Et puis quelques artistes qui savent faire émerger chez les autres une vision claire,
une prise de décision stratégiquement pertinente et le désir de tout mettre en oeuvre pour progresser. Est-ce à ce qu’ils gagnent qu’on les reconnait? Non, même s’ils peuvent effectivement très bien gagner leur vie. Est-ce au nombre de « clients »? Non plus, même s’il peuvent en avoir beaucoup.
Non c’est à l’émotion qu’ils créent chez ceux qui travaillent avec eux, c’est à la réussite de ceux qui ont croisé leur chemin, c’est à leur propre bonheur à eux qu’on les reconnaît.
Il y a effectivement des milliers d’excellents violonistes d’orchestre en France et seulement une poignée de concertistes ….
Je donnerais bien volontiers un nouveau concert dans un mois ou deux!!!!



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