[VSM coaching]
     

L’hypocondrie psychologique

18/04/07@08:55 - Claude-Christian - General - Aucun commentaire

J’ai revu dernièrement une de mes clientes quelques mois après la fin d’un programme de coaching que j’ai eu plaisir à conduire avec elle. Ses objectifs de coaching avaient été atteints, elle avait même depuis changé de job à sa grande satisfaction. Tout sur son visage et dans ses propos signait qu’elle « allait bien ». Comme je savais qu’elle suivait parallèlement à son coaching des séances de thérapies de groupe, je lui ai demandé si elle continuait presque certain qu’elle me dirait que non, tant le tableau qu’elle présentait était serein. Ma surprise ne fût pas tant qu’elle me dise qu’elle continuait cette thérapie – après tout on peut largement bénéficier de travailler sur soi continûment et il n’est pas nécessaire d’aller mal pour chercher à aller mieux – mais plutôt qu’elle était déstabilisée par la découverte d’un épisode embarrassant de son histoire personnelle. Du coup, me dit elle, elle s’était mise à creuser plus profond et tâchait – en vain d’ailleurs ! – de le relier aux difficultés qu’elle avait éprouvées du temps de son programme de coaching. Intéressant. Mais lorsqu’après quelques atermoiements elle me divulgua l’épisode en question j’ai du me retenir de rire ou plutôt de me mettre en colère car l’épisode en question était d’une affligeante banalité, une affaire qui arrive à madame tout le monde assez fréquemment.
Après le temps de l’écoute et du respect de sa vision des choses, je me suis permis de lui faire prendre conscience qu’elle pouvait en avoir une différente, moins dramatique, relativisée, et je crois qu’elle m’a suivi sur ce cheminement. J’espère qu’elle continuera de travailler sur une meilleure connaissance d’elle-même mais à dose modérée !
Cette anecdote n’est pas la première que j’ai sur ce sujet. L’ensemble me rappelle également un syndrome qui m’avait prodigieusement agacé lorsque je participais à des programmes de formation au coaching. Pas de pause-café dans les séminaires sans que la majorité des participants ne confie une douleur nouvelle en relation avec le sujet qui vient d’être traité. Je l’appelle l’hypocondrie psychologique. Pour moi c’est l’état de ceux qui se découvrent à chaque occasion de réflexion sur eux-mêmes, des maladies de l’esprit et de l’âme comme l’hypocondriaque traditionnel se découvre une maladie au pronostic mortel dès qu’ils se racle la gorge, a une légère courbature ou ne se souvient plus qu’il a abusé du chocolat l’avant-veille !
Et ne comptez pas sur les professionnels pour réduire l’épidémie ! (Pas plus du reste que sur les médecins qui doivent investiguer …, au cas où !).
C’est somme toute normal en raison de la nature même de leur travail qui les confronte en permanence à des situations sérieuses. Mais allez écouter une conférence sur l’influence des événements de la petite enfance sur la formation de votre personnalité et vous vous interrogerez forcément sur la votre et peut-être en viendrez vous à douter de l’amour que vous avez reçu de vos parents même s’il n’y a pas lieu. Un mauvais usage de publications spécialisées y compris les plus anodines apparemment, comme « Psychologies » par exemple peut avoir le même effet.
« Donnez un marteau à quelqu’un et il verra des clous partout ! »
Il faut du discernement en cela comme en toute autre chose. C’est notre responsabilité dans l’accompagnement d’éviter que nos clients deviennent hypocondriaques. Cela participe de notre devoir de les accompagner vers un surcroît de lucidité. Le risque de passer à côté de quelque chose d’important existe c’est clair mais tout n’est pas pathologie – et en coaching encore moins que dans les autres disciplines d’accompagnement de la personne. On vit très efficacement avec ses petites névroses comme avec les hordes d’acariens qui nous boulottent durant notre sommeil !

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16/04/07@10:57 - Claude-Christian - General - Commentaires fermés

La dernière phrase d’un article de Catherine Pégard dans le Point de cette semaine disait que « Ségolène Royal a fait le pari qu’ils (les français) l’aimeraient pour ce qu’elle est. Et Nicolas Sarkozy pour ce qu’il fait ».
Cette phrase fleure bon le quotidien du coach qui passe beaucoup de son temps en séance à recentrer ses clients sur la réalité de leur mode de fonctionnement propre et en particulier sur leur système de reconnaissance. La tentation est alors grande de s’engouffrer dans cette brèche pour se faire une idée plus générale de la personnalité de ces candidats en utilisant l’une ou l’autre des théories de la personne, et en particulier l’ennéagramme. Du reste les « spécialistes » n’ont pas manqué de le faire comme sur l’excellent Da Vinci blog

Si l’on peut ainsi se faire une idée relativement précise (vous pourrez constater en lisant les différents billets du Da Vinci Blog qu’il n’y a pas unanimité et c’est heureux !) des grandes tendances des personnalités de ceux ou celles qui se proposent à nos suffrages, pourquoi ne pas en tenir compte ? Comment ne pas imaginer qu’une fois élu(e)s, ils ou elles se comporteront de façon relativement prévisible ? Et dans ce cas qui préférons-nous ?
Cela tient bien sûr à notre propre perception de ce qui est « bien ». Mais au-delà ?
Par exemple, si nous considérons que nous avons en France un besoin vital de réformer en profondeur notre « modèle » et que ce sera la tâche essentielle du futur président, on raisonnera peut-être comme suit. La réforme, le changement pour employer un mot galvaudé, est pour une large part un art d’exécution, donc, au-delà des programmes – dont l’expérience nous montre qu’ils sont le plus souvent une liste de vœux n’engageant que ceux qui les écoutent et se dissolvant dans la pratique – notre pays a besoin d’une personne dont la tendance soit au « faire » plus qu’à « l’être ».
C’est probablement cette prise de conscience, confuse ou plus lucide peu importe, qui explique les valses hésitations de ceux tentés par Ségolène Royal pour qui elle est mais qui doutent de ce qu’elle sera encline à faire. A l’inverse s’il ne semble pas faire de doute que Nicolas Sarkozy fera bel et bien un certain nombre de choses qu’il propose, bon nombre sont hésitants sur l’acceptation de qui il est et rechignent donc à lui accorder leur confiance. La personnalité de François Bayrou du coup peut effectivement tenter les indécis des deux camps. Ils apprécieront la demi-teinte de ses propositions couplées à la vigueur de son engagement personnel dans un chemin somme toute original puisqu’il brise un consensus qui ne voyait jusqu’à présent que la possibilité d’un affrontement gauche/droite.
Alors, cette élection étant selon la formule consacrée, « une rencontre de quelqu’un avec la France », n’hésitons pas à nous servir des outils à notre disposition pour affiner notre choix ; surtout lorsque l’on a des doutes sur la pertinence des « programmes » et que l’on ne se sent plus très ferme sur des idéologies qui se brouillent.

   
     
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