Haro sur les médias! Un instant d’agacement
Avec l’ouverture de la campagne pour l’élection du Président de la République on voit fleurir les émissions de radio mais surtout de télévision autour du sujet: normal!
Nombre d’entre elles sont de fait des forums de commentateurs et c’est là où je suis agacé, mais pas seulement là on le lira plus loin.
En effet je pense que la fonction du journaliste est de recueuillir des faits, de les vérifier et de les diffuser, full spot!
Or on est envahi de prétendues analyses, de supposés éclairages différents, de données “pour mieux comprendre” et là le bât blesse car sans prétendre être un Pic de la Mirandole, on s’aperçoit très vite que la culture des intervenants sur les sujets qu’ils prétendent traiter est nettement insuffisante lorsqu’on en vient aux idées.
Certes cette culture est généralement encyclopédique sur les comportements des candidats, “les petites phrases” assassines, les anecdotes souvent déplacées et autres bruits de couloir.
Alors on pose des questions - y compris aux candidats eux-mêmes - en précisant bien de ne pas lasser l’auditeur ou le téléspectateur par des chiffres trop nombreux ou des développements trop longs et on abouti à ne jamais aller au fond des choses. Les programmes des candidats sont tellement condensés qu’ils en deviennent presque illisibles et ainsi on peut les dénaturer et caricaturer sans vergogne sous le couvert d’un commentaire “autorisé” comme le disait Coluche.
Il est de bon ton dans notre paysage audiovisuel de ne pas attaquer les médias et pourtant ils le méritent. C’est le formatage auquel ils procèdent eux-mêmes qui nuit à la bonne circulation de l’information.
Oui ce n’est pas facile d’exposer dans son entier la question des régimes spéciaux de retraite, oui c’est assez difficile de conserver l’attention des téléspectateurs en exposant le problème de la dette publique et tous ses attendus, oui il faut beaucoup de talent -et surtout de travail - pour expliquer en quoi une politique libérale diffère d’une politique socialiste sans tomber dans le schématique parti pris. Oui, mais la situation le mérite et c’est comme cela que se construit le vrai débat démocratique. La démocratie a un prix et il n’est pas seulement financier il est aussi d’effort culturel.
Les hommes et femmes politiques prennent des cours de communication pour se comporter efficacement devant les medias, je ne leur lance pas la pierre car sans cela ils n’existeraient même pas, mais il faut que des voix s’élèvent pour réclamer une modification du mode de fonctionnement des medias.
Il n’est qu’à voir et entendre comment les animateurs de débats coupent les interventions qu’ils jugent trop longues ou qui risqueraient de faire fuir la “ménagère de cinquante ans”. Or c’est bien les médias eux-mêmes qui pour satisfaire leur modèle économique ont formaté ce que l’on va proposer à la “ménagère” en question.
Si les débats qui vont venir sont du même tonneau que les émissions dites de société dont on nous gave en prétendant nous distraire (Ardisson, Bern, Ruquier et consorts) alors la démocratie sera galvaudée dans les caniveaux du populisme et il ne faudra pas venir se plaindre après coup.
Messieurs et dames journalistes, je vous en prie soyez à la hauteur des enjeux !



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