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Où l’on reparle du stress

09/12/05@09:31 - Claude-Christian - General -

Il s’écrit beaucoup de choses sur le stress: parmi des centaines d’articles sur le sujet je vous renvoie à celui de la newsletter de l’Entreprise de ces jours-ci non pas qu’il soit exceptionnel mais tout simplement parce qu’il est dans l’actualité.
Il se trouve que j’ai eu à discuter du stress récemment avec une poignée de jeunes cadres et créateurs d’entreprises et je voudrais attirer l’attention sur un point bête comme chou mais qui me semble intéressant à relever.
Les causes du stress sont assez connues et finalement très variées selon les personnes et les circonstances.
Pour n’en citer que quelques unes en désordre on relèvera: la mauvaise gestion de son temps, de ses priorités, une réaction de peur face à la représentation que l’on se fait de l’image que l’on projète, une insuffisance ou un manque total de marques de reconnaissance, une dégradation de l’estime de soi, un flou dans le sens que l’on donne à ce que l’on fait, des problèmes d’adaptation aux changements, etc. …, etc. …

Les traitements proposés aux stressés sont tout aussi variés que les origines de leur stress et beaucoup sont efficaces. Au codicille important près qu’ils réclament tous une démarche d’investigation minimum des causes du stress et donc un certain de temps pour agir et que ce délai est tout à fait préjudiciable car il laisse s’installer le malaise.

Je pense qu’il en va du stress comme des émotions: sa gestion commence par sa reconnaissance; et bien sûr le plus tôt est le mieux. Ainsi je préconise d’apprendre préventivement à reconnaître les signes qui vont indiquer que l’on entre en phase de stress. Un travail “à froid” sur ce sujet devrait être intégré à toute démarche de coaching au même titre que l’apprentissage de la gestion des émotions. Ce travail de reconnaissance doit également s’accompagner de la remise d’un “kit d’intervention anti-stress d’urgence” de type respiration consciente, petits exercices physiques de relaxation immédiate, adapté à chaque individu. Ce traitement symptomatique est - me semble t’il - trop souvent éludé dans ce que je peux lire sur ce dangereux phénomène.

Or dans les circonstances que j’ai eues connaître ces derniers temps, il est clair que toutes les sources profondes du stress, bien qu’évidentes aux intéressés, ne pouvaient être traitées sur le champ. Certes, faire prendre conscience à quelqu’un dont le travail actuel est la raison d’être, qui courre après les succès qui seront la marque de reconnaissance qu’il réclame, qui n’a pas appris à dire “non”, qui au fond aime les raisons de son stress, qu’il doit voir les choses autrement s’il veut ne pas s’enfoncer est la voie à suivre. Mais le temps que ce travail se fasse il se sera enfoncé un peu plus dans son angoisse et les conséquences somatiques s’amplifieront rendant encore plus difficile et long le traitement de fond.
Plus encore! On risque d’augmenter la quantité de stress de l’angoisse née de la prise de conscience de ses sources et des changements de comportements à opérer pour réduire le niveau de stress ressenti.

Tentez de dire à un jeune cadre dynamique tout à trac qu’il faut qu’il cesse de travailler 12 heures minimum par jour, qu’il apprenne à dire “non”, qu’il ne projète pas ses jugements personnels sur son chef, ses clients … , et sa première réponse sera: “oui, mais”, le détestable “oui, mais”, le cauchemardesque “oui, mais”. Dans ces conditions vous avez de grandes chances qu’il vous envoie bouler dans un premier temps. Alors qu’il sera naturellement plus réceptif à l’idée qu’il fait un épisode aigu de stress, que cela déforme sa vision des choses et qu’il peut d’abord en réduire voire éliminer les symptômes avant de l’éradiquer. Dans ces conditions vous avez des chances de pouvoir vous attaquer avec lui efficacement aux raisons profondes de son angoisse en seconde intention .
Un dernier mot sur ce sujet: le stress amène le plus souvent à la somatisation et le sujet va ajouter l’angoisse de la maladie à celle qui a causée le stress, ne même plus être capabe de séparer l’un de l’autre et attribuer à la maladie ce qui est imputable au stress.
Le bénéfice est donc évident de s’attacher en urgence à la reconnaissance des signaux de la montée d’une crise de stress pour éviter toute “sur-infection”. Les traitements de fond venant ensuite.

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