Les Jeux Olympiques 2012 auront lieu à Londres
Que de leçons à tirer de cette décision du CIO !
La première leçon est qu’un “bon dossier” ne suffit pas.
Faire tous les efforts c’est bien, c’est très bien , c’est même indispensable, plus encore: c’est normal. Mais un “bon dossier” pour soi, pour la presse internationale, pour tous ceux qui ne sont pas directement concernés cela n’est pas nécessairement un bon dossier pour ceux qui ont à se prononcer, qui votent! La communication c’est être centré sur l’autre, ce n’est pas lui dire, même avec la plus grande sincérité, en toute intégrité, combien on est convaincu, combien il a intérêt à se ranger à notre opinion: ça c’est la persuasion; la communication c’est savoir ce que l’autre a à dire, lui, ce qui l’importe et accepter que c’est de cela dont on doit parler avec lui. Voilà probablement ce que Tony Blair a fait lors de son voyage éclair à Singapour.
La seconde leçon est que l’on prend systématiquement des vestes avec nos valeurs, nos comportements. Il faut donc s’interroger sur leur efficacité. Reconnaître avec un fair-play forcé la victoire des anglais ne suffit pas, il est urgent de nous réformer, d’entamer un examen de conscience en toute lucidité et ne repousser aucune solution. Il est temps de “penser l’impensable”: nos valeurs sont obsolètes. Le “vieux pays” n’est pas en cause, son identité n’est pas en cause, ce sont les valeurs avec lesquelles il fonctionne qui le sont. Or des valeurs ne sont que des croyances cristallisées, pétrifiées que l’on tient pour tellement fortes que l’on ne les remet pas en question. Mais elles peuvent être changées lorsqu’elles deviennent limitantes, ce n’est pas un crime, au contraire, elles doivent être changées et s’arcbouter sur des valeurs limitantes est un suicide.
La troisième leçon est qu’un échec n’en est un que pour autant que l’on tire pas d’apprentissage. Et là j’ai le fâcheux sentiment que nous n’avons guère appris ces derniers temps de nos échecs: un taux de chomage record, une influence internationale qui s’effiloche, une montée des revendications catégorielles qui stérilise toute initiative, une évaporation constante de l’enthousiasme de nos concitoyens, un mal être de plus en plus douloureux … Et comment y réagissons-nous? En cherchant à faire plus de la même chose. Pas étonnant alors que nous obtenions plus du même résultat!
Que voulons-nous à la place? C’est là le vrai chemin du rétablissement. Prenons le temps de construire ( reconstruire) une vision, des “utopies” et surtout cessons de regarder en arrière. Le bon temps c’est demain.



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100% d’accord avec les leçons n°1 et 3.
Par contre, il me semble que les valeurs de Paris 2012 étaient tout à fait honorables : « modernités, énergie, générosité » (Bertrand Delanoë, http://www.parisjo2012.fr) … Rien de vraiment folichon à vrai dire, chacune des villes candidates auraient pu avancer les mêmes. Il ne me semble pas trouver la une des causes de l’échec de ce projet.
C’est plutôt le talent dans les pratiques commerciales qui ont fait défaut aux porteurs de Paris 2012 face à des anglais ultra efficaces dans ce domaine. Le lobbying fait office d’épouvantail car même s’il a très peu de sens chez nous, il a une conation péjorative forte. Il n’est même pas enseigné dans nos écoles de commerce (ou alors seulement dans le top 5), alors le pratiquer…
« Le bon temps c’est demain ». Je partage votre optimisme et espère qu’il sera communicatif. Vendons plus, vendons mieux. Le reste suivra.
J’en profite pour souhaiter bonne chance à Laurence Parisot qui à un rôle important à jouer afin que les français renouent avec les valeurs du commerce et de l’entreprise.
Cordialement
Bravo! voilà un article vivifiant!
Merci Laurent de ce commentaire.
Un point cependant. Je ne crois pas avoir laissé entendre que les valeurs qui soutenaient le projet n’étaient pas honorables. J’essaie de ne pas me placer en juge mais en évaluateur: elles n’ont pas permis de gagner c’est tout, elles n’ont donc pas été efficaces. C’est d’ailleurs une autre leçon collatérale: les valeurs sont toutes bonnes, mais parfois elles deviennent inefficaces et alors il faut envisager d’en changer; cela ne les condamnent pas en tant que telles.
Je partage également le commentaire sur le lobbying. Il met l’accent sur un comportement typiquement français qui tend à confondre un acte et son intention et ainsi nous amène à jeter l’anathème sur des concepts non pas pour ce qu’ils sont mais pour la charge d’intention qu’on leur attribue. C’est par exemple le cas du libéralisme en ce moment , mais également de tout un tas de concepts en “ismes” que l’on charge positivement ou négativement selon que l’on se sent émotionnellement agressé ou au contraire entendu, compris, je dirais même “aimé” par celui qui l’emploie. C’est la trop répandue erreur qui fait confondre l’outil avec l’usage qui en est fait.