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Il faut bien parler d’Hervé Gaymard

26/02/05@09:22 - Claude-Christian - General - 4 commentaires

Je ne le connaissais presque pas avant « l’affaire ». Ses prestations télévisées et l’analyse des actes qu’il a posés tels que les médias nous les relatent m’amènent à faire quelques réflexions.

La première est l’évidence d’une gestion émotionnelle déplorable. Il est allé à l’abattoir sans même attirer la moindre compassion. Sa souffrance était planquée derrière un masque qui ne trompait que lui.

La seconde est que ce ne doit pas être d’hier qu’il souffre de n’être pas congruant comme on dit dans mon job. Il est clair qu’Hervé Gaymard doit être une tête bien faite et quoi de plus normal lorsque l’on atteint des responsabilités telles que celles d’un ministre de l’Agriculture ( avec Jacques Chirac!!!) puis des Finances que de vouloir en tirer des bénéfices personnels à la mesure des efforts et responsabilités ?
Ne soyons pas hypocrites ces personnes ne sont pas rémunérées comme elles le devraient. Il est cocasse de constater que son successeur Thierry Breton qui a fait le chemin différemment doit avoir accumulé une fortune dix ou vingt fois supérieure à la sienne!!!
Or Hervé Gaymard, pris dans une situation qui ne peut vraiment choquer que les fausses prudes amères et revanchardes de la Gauche qui n’ont pour tout programme à nous proposer pour l’instant que des promesses d’idées nouvelles sans préciser lesquelles; bref Hervé Gaymard s’est enferré dans le mensonge à lui-même. Oui, il a constitué un certain patrimoine depuis qu’il travaille (évidemment ce mot est ambiguë dans le monde politique), il ne l’a pas volé que je sâche. Oui sa femme occupe un poste je ne sais plus où mais à hautes responsabilités et doit très correctement gagner sa vie. Oui il avait envie d’un beau logement de fonction pour couronner et profiter de sa réussite, après tout 14.000 euros par mois c’est dix fois moins que le salaire de nombre de hauts cadres dirigeants ayant des responsabilités finalement pas aussi importantes qu’un ministre et une pérennité de leur situation bien supérieure sans parler des goldens parachutes.
Et alors?
Mais c’est là où le manque de congruance est venu tout gâcher.
Quelle souffrance intérieure doit avoir supporté cet homme et depuis combien de temps?
Depuis combien de temps inconsciemment se reproche t’il de ne pas mériter ce qu’il a? Depuis combien de temps essaie t’il de se convaincre qu’effectivement il est au service de l’Etat et que seule son abnégation est digne? Qu’il est désintéressé de sa propre valeur? En vain.
Je suis convaincu qu’il n’a jamais pris le temps de travailler ces questions avec un professionnel, ou bien s’il l’a fait il a du faire un aussi mauvais choix que Christine Aron lors des derniers Jeux Olympiques.
La différence est flagrante avec Nicolas Sarkozy qui, lui, est, pour l’instant du moins, un modèle de congruance entre ce qu’il est et ce qu’il fait. L’un dispose d’une intelligence émotionnelle l’autre pas. Je prends le risque – ne connaissant évidemment ni l’un ni l’autre suffisamment – de dire que le premier s’aime et le second ne s’aime pas. Du coup l’un peut être conspué, vilipendé, détesté il n’est au fond pas rejeté et au contraire aimé (ou haï mais tout le monde sait que ce n’est qu’une autre forme du même sentiment), l’autre qui n’avait même pas eu le temps d’être connu, est descendu en flamme par tout le monde, banni et renvoyé à l’indifférence .
Leçon: prendre le temps de répondre à la question: « qui suis-je vraiment? ». Prendre le temps d’être soi avant de vouloir être quelqu’un.
Suggestion: Monsieur Gaymard je ne vous juge pas et me tiens à votre disposition s’il vous prend l’envie de travailler un peu sur vous! Rassurez-vous cela ne vous occupera pas 120 heures par semaine, ne vous coûtera pas grand chose au regard du bénéfice que vous pourrez en retirer et surtout vous permettra de transformer un résultat négatif en apprentissage positif et en opportunité.
Commentaire: on n’a toujours rien fait en France pour régler la question de la juste rémunération des hommes politiques quoiqu’on en dise. Certains de nos concitoyens font carrière dans la finance, dans l’industrie, dans le spectacle, d’autre dans politique. Là est l’ambiguité: la politique est-elle une carrière ou une activité sans but lucratif? Si comme je le constate la réponse est oui c’est bien une carrière, alors il faut l’assumer et l’expliquer clairement au peuple et cesser de parler hypocritement de service désintéressé du bien public .

J’ai bien aimé

08/02/05@02:56 - Claude-Christian - General - Aucun commentaire

un article paru dans Le journal du Net.
J’aurais souhaité qu’il aille un peu plus loin dans son analyse et ouvre la réflexion sur ce que les comportements décrits signifient vraiment. Je pense que le tropisme en cause (voir l’excellent livre d’Alain de Vulpian « A l’écoute des gens ordinaires » chez: Dunod ) c’est l’atteinte par nos contemporains de l’échelon « accomplissement de soi  » si bien décrit dans la pyramide de Maslow.
Cela entraîne une foule de conséquences sur le management des cadres dont la plus importante est bien de se préoccuper en premier lieu de la personne, de qui elle est, des talents qui lui sont propres, de ses aspirations et en quoi cela peut correspondre à ce qu’elle est supposée faire ou représenter pour l’entreprise. Cela semble évident comme démarche et pourtant on sait bien que c’est l’ajustement inverse qui est le plus souvent recherché.
Cette exigence en matière de gestion de ressources humaines ne se limite pas aux cadres mais se diffuse de plus en plus largement dans l’ensemble de la population des gens au travail et en particulier chez les jeunes recrues. « Qu’est-ce que vous me proposez, pour moi? » Telle me semble bien la question primordiale à laquelle devront répondre les recruteurs qui voudront s’attacher les services des meilleurs. Or ce « pour moi » ne signifie pas simplement « faire partie de votre entreprise et bénéficier des « avantages » de toutes sortes qu’elle peut m’offrir », mais bien « qu’est-ce qui va contribuer à me réaliser dans ma vie personnelle? ». On touche là à la notion de mission telle que décrite par Jean Monbourquette .
Le coaching a sa place dans cet ajustement entre l’offre et la demande en contribuant à éclaircir ce que peut- être cette mission d’un côté et en quoi elle peut correspondre aux besoins de l’entreprise de l’autre.
Messieurs le recruteurs, nous sommes à votre disposition!

   
     
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