Manager ne serait-ce pas l’art de doser en permanence le mélange du pouvoir sur et du pouvoir pour
La gestion des complexités nécessite d’exercer un pouvoir sur les événements et les gens. L’accomplissement des objectifs tant personnels que de l’entreprise s’exprime dans le pouvoir pour
Trop de l’un et de l’autre donne un manager autoritaire tendu vers sa réussite personnelle. Pas assez des deux donne un manager passif seulement soucieux de la préservation de sa position. Dans les deux cas lui et l’entreprise souffrent.
On pourrait également trouver dans les deux sens du mot diriger la même nécessité d’équilibre. Le manager exerce son autorité pour conduire son équipe vers un objectif. S’il ne fait qu’exercer son autorité il n’utilise que son pouvoir sur; s’il n’est préoccupé que de la direction dans laquelle il doit la conduire, il n’utilise que son pouvoir pour,or son rôle est bien d’utiliser les deux.
Etes-vous un bon doseur?
J’attendais depuis les Jeux Olympiques d’entendre parler cette jolie et talentueuse championne. En effet j’avais lu quelques commentaires mais je souhaitais voir son visage, entendre le son de sa voix, observer ses gestes… Et puis lui laisser un peu de recul.
Je viens de regarder son interview à l’issue d’une réunion d’athlétisme à Monaco où elle n’a pas brillé - c’est le moins que l’on puisse dire - mais ce n’est pas le problème.
Alors maintenant je peux écire ce que je pensais mais ne pouvais étayer.
Premièrement merci, oui un grand merci pour n’avoir jamais emloyé le mot de coach pour nommer la personne qui a participé à sa préparation mentale. Je remarque du reste qu’aucun journaliste n’a utilisé ce mot non plus mais bien celui de psy et quelques fois psychothérapeute.
Deuxièmement merci aussi pour avoir donné une explication sibylline certes mais que je me permets de tenter de décoder.
Christine ARRON dit s’être séparée de sa psy parce que les attentes qu’elle avait n’ont pas été atteintes; ces attentes étaient de gagner des médailles déclare-t-elle. Simple me direz-vous? Quoi de plus naturel effectivement lorsque l’on est un athlète de haut niveau.
Mais j’avais entendu la fameuse psy qui, dans un jargon que je connais, semblait avoir dit presque tout le contraire puisque j’avais retenu de ses propos qu’elle s’était appliquée à faire de l’événement olympique un événement comme les autres pour Christine. En d’autres termes si Christine “allait bien dans sa tête” elle irait bien aux JO. Je crois même l’avoir entendu employer l’expression “être dans l’Amour” comme condition nécessaire et suffisante de la réussite de sa cliente.
Eh bien non!
Christine ARRON comme vous et moi a effectivement besoin d’être bien dans sa tête, elle a aussi besoin d’être dans l’Amour, mais elle avait une attente spécifique: gagner une ou plusieurs médailles d’or. Et là, il faut effectivement une préparation spécifique, c’est cet événement-là que sa psy aurait du lui faire préparer.
Certes notre travail de coach doit porter sur l’équilibre global de notre client, certes tous les domaines de vie - personnel, professionnel, social, couple, spirituel - s’entremèlent à tout moment et s’organisent en sytème, mais le coach est convoqué sur une problématique, sur des attentes spécifiques. Il contribue à l’atteinte d’objectifs clairement énoncés (même si une grosse partie de son travail consiste à éclaircir ces attentes, ces objectifs). Et il s’y tient.
Sauf que ce n’est pas chose facile! C’est plus difficile d’imposer son pouvoir (masquer ses faiblesses?) face à l’exigence d’objectifs clairs et simplement énoncés. Il est également plus confortable de trouver des critères d’atteinte d’objectifs quand ils sont flous. La tentation est grande de démonter toute la montre pour régler l’heure et nous savons tous que lorsque l’on tente de remettre tout en place on termine le plus souvent avec une pièce en trop ou en moins, perdue dans les lattes du plancher.
Alors merci encore chère Christine ARRON d’avoir donné, à nous tous qui faisons profession d’accompagner la performance de nos clients, une si bonne leçon.
Je vous souhaite d’atteindre vos objectifs au plus vite, vous le méritez.