Une contribution intéressante à « ce qu’est le coaching »
Je vous livre les réflexions de Cécile de Barbeyrac, une actrice de longue date du coaching qui me fait l’honneur de me superviser dans l’esprit qu’elle décrit si bien dans le texte ci-dessous.
Son approche inscrit d’emblée le coaching dans la co-opération entre le coach et son coaché, et du coup règle leur sort aux tergiversations préalables sur les justifications de la légitimité de la démarche de coaching.
Ce texte apparaît comme un interessant précurseur d’une méthode. Recherche de repères, puis de sens, progression mutuelle et inspirée… Au risque de paraître pédant, et surtout ignorant de toute la littérature sur le coaching, je dirais que la vision de Cécile de Barbeyrac est celle qui me paraît le mieux intégrer la face ontologique du coaching.
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LE COACHING : UNE EXPERIENCE D?ACCOMPAGNEMENT MUTUEL
Accompagner vient lointainement de « pascere »/paître. Le mot accompagnement voudrait il dire « paître avec », nourrir ou se nourrir avec ? Belle définition. Nous sommes déjà dans la proximité, le côte à côte, la nourriture commune? Etre dans le même pré, en train de pâturer la même herbe?
Coaching, mot anglais, parle d’entraînement. Il définit un mode d’accompagnement de personnes dans le cadre d’un développement personnel ou d’entreprise. Et si nous le rapprochons du cocher, un sens de guide à l?image du premier de cordée s’ouvre, dans la distance, qui permet de définir ses repères personnels, le sens de son action.
Accompagner, une démarche éthique, la définition de repères?
Les repères sont multiples. Malgré cette diversité, des liens les relient dans la cohérence d?une histoire. Ils sont humains, psychologiques, manageriaux, philosophiques, spirituels, politiques?.
Les repères peuvent être une prise de conscience de son mode fonctionnement individuel, de ceux de ses proches, de ses collaborateurs? Ce sont aussi les valeurs individuelles et collectives/d’entreprise qui balisent un chemin humain, un retour sur expériences…
Une vision d’entreprise dont tout dirigeant est détenteur et de son environnement avec les réponses appropriées? La manière de déléguer, le processus décisionnel, le mode d’apprentissage, la préférence savoir/connaissance/comprendre, son style d’animation d’équipe ou tout autre sujet qui aide à mieux cerner un mode de fonctionnement personnel en situation.
Les contextes mouvants dans lesquels s’inscrivent les entreprises du 21ième siècle, obligent à entrer dans le mouvement du changement permanent qui lui même induit des efforts considérables d’adaptation. Ces efforts mobilisent des énergies et des ressources personnelles, individuelles, insoupçonnées. Le coaching est un des moyens d?aller chercher en soi les potentialités pour les faire vivre au mieux des intérêts personnels et collectifs…
L?accompagnement est mutuel?
Le coaching est une rencontre, mot issu du préverbe contra, en face de? deux personnes se font face et sont l?encontre de l’autre, adossées et contre? Chacun, dans ce pré commun, a une mission bien précise, de coach et de coaché. Dans la mesure où il y a de l’adossement, de l’encontre, il y a de l’impact réciproque, de l’éclairage mutuel.
La question de l’un renvoie l’autre à sa question. Une question résonne chez l’un et l’autre, dans sa propre démarche de questionnement. Une question en entraîne une autre, nouvelle question qui fait sens pour l’un et l’autre.
La lucidité de l’un enrichit celle de l’autre. L’affinement de la compréhension de l’un conduit l’autre dans sa propre démarche d’affinement. Les analogies de fonctionnement se dévoilent.
Et peu à peu le « vocatus » dont chacun est porteur, se découvre au travers de ce maillage d’expériences, de partages, de réflexions, d’énergies croisées?La découverte de ce fondamental permet d’agir en cohérence, ordonné dans et par le vocatus.
Le coaching est un ensemble de cadeaux donnés et reçus?
Tout comme le berger connaît ses brebis et le guide qui sait ce qu’il peut demander à chacun des membres de sa cordée, l?éveil de l?un entraîne l’éveil de l’autre. Les mises au jour de valeurs, de repères, de modes de fonctionnement, sont de véritables effets de leviers réciproques, des mouvements intérieurs qui s’enrichissent mutuellement.
Cependant, il n’y a ni fusion, ni confusion. Chacun a son chemin et, sur son chemin, sa mission, sa responsabilité, sa vocation.
Le guide fait partie de la cordée, tout en ayant son rôle propre. Dans le coaching, c’est identique !Il n’y a pas celui qui sait et celui qui apprend? il n’y a pas un leader et un suiveur?
Chacun découvre peu à peu qu’il sait sur lui même, que l’apprentissage fait partie de sa dignité humaine, que toute lucidité nouvelle est un éclairage qui permet d’agir avec une détermination inébranlable.
Accepter le risque d’entrer dans un accompagnement mutuel, c’est accepter la parité sur la route de la découverte respective qui permet de révéler le meilleur de chacun.
C’est accepter de s’ouvrir à la question de l’autre qui résonne dans sa propre question, pour aller ensemble vers une question qui ne sera la propriété ni de l’un ni de l’autre, mais qui aura à voir avec le fonds de l’un comme de l?autre. Et la question devient le signe de la vitalité de l’engagement quotidien.
Unquote
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