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Le coaching est-il un effet de mode?

28/06/04@11:56 - Claude-Christian - General -

Le Blog de Coach ne peut pas éviter de traiter ce sujet bien que l?on puisse en préambule se demander si la question est pertinente, voire légitime.
En effet pourquoi les coachs devraient-ils enfourcher un cheval de bataille simplement parce qu?il passe à côté, lancé par les médias, par certains professionnels de la relation d?aide un peu effrayés que l?on vienne chasser sur leurs terres, ou pire ! par quelques coachs eux-mêmes à l?affût de notoriété et qui, se faisant, se tirent une balle dans le pied. Dans mes coachings il m?arrive si souvent d?induire chez mes clients une posture d?action plutôt que de réaction que je me demande si je ne devrais pas m?appliquer cette règle à moi-même dans la circonstance, mais faites ce que je dis pas ce que je fais?..
Cependant il y a dans cette question une marque de péjoration à l?égard du coaching qui ne peut être laissée en l?état ; voilà pourquoi je souhaite apporter quelques arguments pour déjouer l?insidieuse attaque.

Les angles pour traiter le sujet sont multiples et mon ambition n?est absolument pas de les envisager tous dans ce papier, alors prenons-en deux qui me viennent spontanément à l?esprit et, au gré des humeurs, nous en traiterons d?autres.

Un angle historique. Ceux qui travaillent régulièrement depuis de nombreuses années ne se sont pas posés la question, certains du reste se sont trouvés bien surpris de s?entendre appeler « coach », ils se croyaient entraîneurs, conseillers particuliers, confidents, voire Pygmalion ; peut-être même réfutaient-ils les termes utilisés pour les qualifier et se sont reconnus dans l?appellation de coach, mais en tout cas je ne crois pas qu?ils se soient posés la question de savoir s?ils étaient à la mode ou un effet de mode. Efficaces dans ce qu?ils faisaient, ils privilégiaient ce qui est un des fondamentaux du coaching : l?action. Ils étaient employés selon des modalités parfois pas très claires, payés sur des bases qui n?étaient pas celles de leur activité de coach, mais ils pratiquaient la discipline dans la sérénité de ceux qui ont confiance dans ce qu?ils valent et ce qu?ils font.
J?ai eu le plaisir de rencontrer, il y a quelques années lors de mes débuts dans le métier, un de ces pionniers qui, du haut de ses 80 ans, m?a beaucoup appris sur le coaching et m?a étonné par la lucidité de ses analyses sur l?évolution probable de notre métier. Il a notamment coaché (Accompagné? Conseillé? Acquis la confiance?Inspiré? Rassuré? Tout à la fois selon lui) l?héritier d?un empire du BTP qui s?est diversifié dans les medias :un coaching stratégique magistral ! N?est ce pas ? Et il me racontait que son statut ne rentrant dans aucune nomenclature, il était officiellement chargé de valider les embauches des adjoints directs du patron du groupe. Mais je peux vous assurer qu’il était un coach et un vrai. Je pourrais multiplier les exemples de la sorte pour étayer ce premier argument : le coaching existe depuis bien avant le nom qu?on lui donne de nos jours. Je ne céderai pas à la tentation de rappeler les conseillers des princes, les éminences grises, les confidents des grands hommes, les secrétaires particuliers de célébrités, etc. ? cela entraînerait une polémique un peu stérile sur les différences (que je reconnais bien volontiers) entre ces activités de conseils et le coaching aujourd?hui. Mais au moins que l?on accepte l?idée que le coaching n?est pas né d?hier et que sous la forme qu?on lui connaît de nos jours, il ne fait que s?inscrire dans une lignée fort ancienne. Les méthodes sont différentes, plus techniques, plus structurées, plus contractualisées, généralement plus ponctuelles, c’est vrai, mais le fond de la relation est de la même nature.

La seconde idée est que le coaching propose des réponses appropriées à de nouvelles demandes issues de l?évolution de notre société. Est-ce là être « un effet de mode » ? Je ne le crois absolument pas. La physique quantique qui apporte des réponses à une évolution de la physique générale est-elle un effet de mode ?
Une illustration simple de cette proposition peut être trouvée dans de la constatation de l?endroit où se situent nos sociétés développées sur l?échelle de Maslow. Les sociologues nous montrent que les grandes tendances de nos sociétés vont vers la satisfaction du besoin d?accomplissement de soi chez nos contemporains rassurés qu’ils sont sur la satisfaction de leurs besoins « inférieurs » : physiologiques, de sécurité, d?appartenance. Certes on peut discuter et contester cette affirmation selon que l?on est cadre supérieur ou chômeur de longue durée mais globalement le fait de société est là. Or l?une des caractéristiques du coaching est bien d?adresser les questions inhérentes à cette recherche d?accomplissement de soi dans tous ses domaines de vie et dans le domaine de la vie professionnelle au premier chef.
Dans un excellent livre dont je recommandais la lecture ici même il y a quelques semaines, Alain de Vulpian (« A l?écoute des gens ordinaires » chez Dunod) décrit l?évolution des tropismes ? c?est son terme ? de nos contemporains tout au long du XXème siècle. Je vous renvoie à sa lecture pour trouver la validation de cette évolution des besoins des gens qui explique pourquoi les clients des coachs (un peu d?autosuggestion ne peut pas nuire !!!) ne peuvent que devenir de plus en plus nombreux. Je le cite : « Dans les années 60 et 70, les hommes et les femmes ont été nombreux qui ont eu l?occasion de prendre du recul et de méditer sur leurs expériences. Ils se sont ainsi engagés dans un processus d?apprentissage et de découverte de soi qui, une fois enclenché, ne s?arrêtera plus ». Or n?est ce pas cela le coaching que d?accompagner nos clients dans la prise de recul, dans la découverte d?eux-mêmes, dans l?apprentissage de qui ils sont, dans la valorisation de leurs expériences? Que nous dit-il également sur les gens des années 80 ? Que leur évolution s?est faite vers un mode émotionnel, moins rationnel. Là encore ne retrouve t-on pas l?un des aspects essentiels du coaching qui cherche à développer l?intelligence émotionnelle au même titre que l?intelligence rationnelle ?

Ainsi, ne serait-ce que ces deux arguments, ils me semblent déjà bien suffisant à étayer une réponse négative à la question de savoir si le coaching est un effet de mode. Le coaching s?inscrit parfaitement dans l?évolution des besoins de notre société et en cela il est sûrement à la mode. Tant mieux.

1 commentaire à “Le coaching est-il un effet de mode?”

  1. Monsieur, je vous vois rebondir sur l’un des paragraphes de mon commentaire précédent et j’aimerais rebondir à mon tour sur l’un des aspects de cet effet de mode, le coaching par téléphone.
    Je crois en effet que l’utilisation du téléphone dans notre pratique participe de ce sentiment d’effet de mode car elle génère forcément une certaine volatilité, comme la mode!
    Je viens de lire un article sur un autre site concernant ce sujet, et j’avoue avoir été atterrée, le coach en question comparant sa relation au client à n’importe quel renseignements pris par téléphone, que ce soit pour réserver un restaurant, obtenir l’horaire d’un train, ou autre.
    Le téléphone est certes une commodité de notre temps, une facilité de communication. Il peut-être à mon sens un outil de dépannage certain dans le cadre du coaching, et n’oublions pas, de plus, que le coaching nous vient des Etats-Unis, où les distances sont énormes et où l’appa^t du gain est parfois plus fort que le sens de ce que l’on fait. En outre, il peut se passer parfois des choses au téléphone que le face à face interdirait, où plutôt certains clients peuvent s’autoriser à “lâcher” certaines émotions plus facilement loin du champ de vision de leur coach. Mieux, l’exercice pour le coach est extrêmeent intéressant: le téléphone affine son écoute, à l’affût du moindre silence, du moindre souffle, de la moindre intonation, tel un aveugle qui optimise ses autres sens.
    Cependant, rien ne vient remplacer la relation directe en face à face, et je me porte en faux face aux coachs qui ne pratiquent que par téléphone. Que font-ils du langage gestuel, non verbal, du corps, tellement révélateur. Sans oublier la relation vibratoire entre deux personnes: les Aborigènes d’Australie, qui ont développé la communication interpersonnelle à son point le plus élevé, n’utilisent pas le téléphone. Cette pratique, qui se répond comme la poudre, me parait préjudiciable et contradictoire avec la relation dite d’aide. Le téléphone, s’il apporte bien des avantages, est un piège en l’occurrence et le déni de l’homme dans sa spécificité d’humain, à savoir un corps, son énergie, sa vibration.
    En ce qui me concerne, je crois que cette utilisation systématique du téléphone est dangereuse et contraire à une certaine idée que je me fais de l’accompagnement.Utiliser les technologies modernes, oui, les substituer à la relation vraie, non.

   
     
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