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Aspects économiques du coaching

25/06/04@08:56 - Claude-Christian - General - 4 commentaires

Je croyais que le coaching en France avait du mal à nourrir confortablement plus d’une douzaine de personnes, parce que c’est un marché émergeant, mal exploité, verrouillé dès sa création par des caciques frileux ou des formateurs affairistes, parce que les Français ont peur de la concurrence, et pour tout une liste d’autres raisons ou motifs chacun discutable mais tous valables au moins en partie et surtout hexagonaux. Quelle n’a pas été ma surprise de lire les résultats d’une enquête américaine lancée par une communauté de coachs représentative (et publiée par CoachVille) qui constatait « le manque de réussite financière de la majorité des coachs » dans le pays où la mesure de l’efficacité d’un produit est avant tout celle de l’opulence de ceux qui le vendent. Moi je croyais que les USA étaient un paradis des coachs. C’est triste à dire mais quelques fois le malheur des autres est réconfortant.
Alors je pense faire ½uvre de salubrité en soumettant ci-dessous quelques unes des conclusions les plus évidentes et instructives de cette enquête passées au crible de ce que je constate dans notre propre marché.
1/ Les nouveaux arrivants sur le marché n’ont pas beaucoup de culture des affaires et spécialement en ce qui concerne le marketing et la vente. C’est effectivement ce que je constate assez souvent sans trop oser le dire de peur de me faire traiter d’hérétique par les nouveaux convertis à la discipline qui placent, avec un geste de manche hautain, l’homme tellement plus haut que son porte-monnaie. Mais ce n’est probablement pas la raison principale.
2/ Certes nos contemporains, particuliers ou entreprises, sont encore loin de considérer nécessaire d’avoir un coach au même titre qu’un médecin, un dentiste, un comptable ou un avocat, du coup la demande de coaching est encore beaucoup trop faible. Dommage mais c’est ainsi ! L’une des sources de cela ne serait-elle pas que les gens entendent plus souvent parler de ce que n’est pas le coaching plutôt que de ce qu’il est et du coup n’en ressentent pas la nécessité ?
3/ Je sais que je vais me faire une bande de nouveaux amis, mais je tiens pour un fait que nombre de coachs ne coachent pas suffisamment bien pour être reconnus comme des professionnels de haut niveau et satisfaire puis fidéliser une clientèle à laquelle il peuvent demander des rémunérations en rapport avec la qualité du produit qu’ils délivrent.

C’est là sûrement la raison de fond du manque de réussite financière de bon nombre de coachs.

Alors que faire ?
1/ Cesser de vendre ce que n’est pas le coaching et avoir sa bannière de coach largement déployée, se cultiver en permanence sur la discipline et ses spécificités, contribuer par la réflexion, la participation à des groupes de recherche théorique, à son évolution et à sa promotion ( En évitant toutefois le miroir aux alouettes du passage à la télé qui est une moulinette bien difficile à domestiquer pour la majorité d’entre nous).
2/ Accepter de se confronter à la nouveauté sociologique qui lie de plus en plus évidemment le besoin d’accomplissement personnel et les problématiques professionnelles et voir du coup la question du développement personnel sous un angle différent en abattant les cloisons entre les différents domaines de vie. Cela implique de se démarquer d’un clivage coaching en entreprise et coaching personnel dont finalement le seul critère pragmatique de différenciation est, de fait, qui paie quoi et les différences de tarifs qui vont avec.
3/ Revisiter les programmes de formation au coaching en les centrant plus encore sur le coaching stricto sensu que sur les outils (PNL, Systémique,AT, et autres MBTI…), mais aussi en incluant des formations à la gestion et au développement d’entreprises individuelles et mieux encore en organisant des phases d’apprentissages et d’accompagnement de pratique sérieux. Bien sûr ce n’est pas facile à organiser, cela risque de rallonger les formations et surtout de coûter un peu plus cher tant aux élèves qu’aux organismes de formation eux-mêmes, mais c’est à mon avis l’un des prix à payer pour mettre sur le marché des professionnels dignes de ce nom.
4/ Insister pour que les postulants à une formation soient eux-mêmes coachés par des gens sérieux et expérimentés. En effet bon nombre des difficultés évoquées plus haut tiennent à des peurs dont il faut se débarrasser (peur de n’être pas capable, d’être rejeté, de se mettre en avant dans un secteur encore mal connu, etc. …) et rien ne vaut d’expérimenter soi-même ce que l’on va promouvoir.
5/ Cesser de recommander aux coachs débutants de faire comme ceux qui ont réussi. (Halte là, mes amis PNListes ! Ce n’est pas une attaque en règle d’un de vos principes favoris !). En effet il est inefficace de se comporter dans les débuts d’une pratique comme ceux qui ont plusieurs années d’expérience ; ce qui marche quand vous avez une clientèle récurrente ne marche pas de la même façon quand vous créez un fonds de commerce. Il faut accepter d’apprendre et d’appliquer les bases avant de signer des contrats de dizaines de milliers d’Euros.

Voilà ma contribution du jour, mais vous pouvez ne pas être d’accord ! Alors allez y de vos commentaires, ils seront les bien venus.

4 commentaires à “Aspects économiques du coaching”

  1. Votre blog est fort intéressant et m’amène à faire quelques commentaires:
    1/Je crois que l’une des exigences à laquelle il est rarement répondu est celle du travail sur soi, accompli ou non, par les coachs en formation. Une seule école, je crois, satisfait à cette exigence. D’autres exigent que les stagiaires soient eux-mêmes coachés, ce qui me paraît être effectivement une condition sine qua non, mais pas suffisant. Mon expérience m’a montré que nombre de coachs, s’ils maîtrisent bien les techniques, sont dans l’incapacité de faire face aux troubles plus ou moins profonds de leurs clients, d’éviter certaines projections,confondent empathie et fusion, voire s’identifient au client. Or, nul n’est à l’abri de
    désordres non résolus, y compris les nôtres. Et l’on ne peut bien accompagner qu’au travers de sa propre expérience. Réduire le coaching à un ensemble de techniques plus ou moins bien maîtrisées, revient à mon sens à faire de l’homme une mécanique éventuellement bien rôdée, mais c’est oublier sa dimension purement humaine,
    compliquée, subtile, instable. Le coaching est un excellent mode d’accompagnement, à condition de ne pas sombrer dans les travers outre-atlanticien de performance et d’efficacité à tous prix, qui ont donné, entre autres, de bonnes thérapies courtes, des techniques effectivement efficaces mais à mon sens manquant de profondeur et d’acquis durables. Cependant, le coach n’est pas un thérapeute, nous sommes d’accord. La différence est marquée par l’objectif du suivi, pas nécessairement les méthodes. Si notre priorité n’est pas le passé de nos clients, mais bien aujourd’hui et demain, il reste que dans cet hier peut se cacher quelques bugs qui freineront le développement du présent et de l’avenir, et des ressources pas ou peu exploitées.
    2/ J’ai beaucoup apprécié votre opinion sur la présentation systématique de ce que n’est pas le coaching. En effet, et les médias s’en sont donnés à coeur joie, relayées par les thérapeutes de toutes églises qui craignent de voir arriver une concurrence mal préparée et remettant en cause certaines prémices de leur pratique. Cependant, la difficulté de cerner ce qu’est le coaching vient en partie de la multiplicité des pratiques et personnalités des coachs. Il n’y a pas aujourd’hui d’ »écoles » spécifiques, dans le sens de courants spécifiques, comme cela a été le cas en psychanalyse (Freud, Jung, Lacan, etc. Les Américains ont ouvert une brèche, qui demande approfondissements et adaptations.
    Enfin, le manque d’instances professionnelles de qualité, garantissant formation/professionnalisme, éthique et déontologie ne fait qu’augmenter le flou qui accompagne la communication sur notre métier.
    3/ Je suis tout fait convaincue que le coaching n’est pas un effet de mode mais, d’une part la prolongation naturelle de tous les développements de soi apportés au monde depuis Freud, et d’autre part une réponse à la demande d’un inconscient collectif fort de déployer les ressources inexploitées de l’humain, de construire sa vie personnelle et professionnelle, de tendre à l’équilibre, et de dépasser des outils, qui, s’ils sont cohérents et
    puissants, ne sont pas toujours thérapeutiquement efficients, ni adaptés: comprendre est évidemment une nécessité en amont de toute avancée mais n’est certes pas suffisant. Et la force de notre métier est, je crois, de mettre la personne en action et par cette action de faire monter en elle confiance et estime de soi. Car là est bien notre différence et ce qui détermine notre métier.
    J’aurai plaisir à lire vos prochains blogs et vous félicite de cette opportunité donnée à vos confrères de s’exprimer.

  2. Veuillez m’excuser une erreur de frappe: mon adresse e-mail est:
    isabellefontaine3@voila.fr

  3. Merci de vos commentaires. Un e-mail direct me revient avec adresse erronée pour
    isabellefontaine3@voila.fr.

  4. isabelle.fontaine3@voila.fr
    Veuillez m’excuser

   
     
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