La peur et le leardersip
L?une de mes croyances fortes est que l?homme ne vit pas entre l?Amour et la Haine mais entre l?Amour et la Peur, jusque là rien de bien original car je sais partager cette croyance avec un très grand nombre de philosophes, théologiens, psychologues et, bien sûr, de nombreux coaches.
Je constate que dans l?entreprise, dans le monde du travail en général, cette croyance se vérifie chaque jour un peu plus. Nous vivons dans un monde basé sur la peur qui se traduit par la peur de perdre son job essentiellement, que cela soit très prosaïquement la peur du chômage ou que, plus subtilement, cela soit la peur de perdre son autorité, son pouvoir, son statut, son image de soi ?.
Parmi une multitude de conséquences de cet état de fait, l?une d?entre elles retient mon attention aujourd?hui : ne serait-ce pas là une des raisons pour lesquelles on manque si cruellement de leaders ? En effet comment être un bon leader si l?on est confit dans la peur ?
Si l?on s?intéresse à la vie des grands leaders on constatera que beaucoup ont connu ou connaissent la peur. Je pourrais en étaler une liste érudite, mais là n?est pas le propos et je me limiterai donc à leader universellement reconnu : Jésus Christ : Il a eu peur aussi ! Nous connaissons tous, croyants ou non, son appel à Dieu à la veille de sa mort : « Père éloigne cette coupe de mes lèvres » et « Pourquoi m?as-tu abandonné ? » Preuves suffisantes de sa peur. Et pourtant son leadership s?exerce encore de nos jours !
Alors, qu?ont donc en plus ceux qui sont vraiment des leaders ?
Prenons l?exemple d?un bébé qui apprend à marcher. Il tombe et retombe souvent lors de son apprentissage. Si ses parents se précipitent, affolés pour le relever et seulement le consoler de son échec il est peu probable que cet enfant conçoive sur le moment autre chose que de la peur. En revanche, si dans le même mouvement, ses parents l?aident à se relever en l?encourageant à recommencer son expérience encore et encore, en lui disant qu?il va y arriver, le bébé en concevra un tout autre sentiment.
La peur vient de l?ignorance de ce qui peut arriver. Or comment peut-on le plus aisément s?affranchir de cette incertitude si ce n?est en expérimentant. Mais au-delà de cette démarche qui supposerait que l?on doive réinventer la roue, le moteur à explosion et autres découvertes lorsque l?on prend le volant de sa voiture, on peut suivre aussi la voie de la confiance.
Avoir du leadership c?est entre autre mais surtout inspirer cette confiance en toute occasion.
Dès que nous avons une relation humaine nous avons le choix entre être celui qui inspire cette confiance et celui qui au contraire attise les peurs.
Qui préférez-vous avoir comme chef ? Celui qui va vous inspirer confiance ? et donc vous donner confiance en vous ? ou bien celui qui va vous inspirer la peur ?
Une seconde idée force dans cette constatation : il y a une différence fondamentale entre la motivation et inspirer la confiance. La motivation est, dans notre modèle de société fortement marquée par la compétition : Vouloir gagner parce sinon?. N?est-ce pas la peur qui est derrière ? Sauf que l?on connaît assez bien les mécanismes de la motivation alors que ceux de l?inspiration de la confiance sont plus éthérés.
Alors, pour nous coaches, qu?est-ce que cela signifie ?
Disons le tout net : nos clients attendent de nous que nous les aidions à résoudre des problèmes même si nous présentons notre discipline sous des jours bien différents et en particulier, insistons sur le fait que notre rôle est surtout de faire découvrir au client sa propre solution. Mais soyons honnêtes jusqu?au bout, quel coach accepterait de considérer sa mission accomplie s?il n?a pas réussi à faire émerger cette solution. Voilà comment nous-mêmes entrons dans une logique de peur : peur de ne pas réussir cette mission. Et le risque de projeter cette peur sur nos clients est important. (Oh ! Superviseurs ! Protégez-nous contre les projections avant toute chose !).
Choisissons donc le camp de l?inspiration de nos clients plutôt que celui de la peur. Allons vers leurs talents, découvrons avec eux ce qui marche plutôt que de rester focalisés sur ce qui ne marche pas. Posons-nous la question : « quels sont le joyaux qui se cachent au c½ur de mon client et que je vais pouvoir l?aider à polir et faire briller ? ». Cette démarche va dans le sens de « tirer vers » plutôt que de « pousser à », l?inspiration vient du dedans alors que la motivation vient du dehors.
Soyons les promoteurs des leaders « inspirant » plutôt que des leaders « motivants ».



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