[VSM coaching]
     

Mea Culpa

18/05/04@09:15 - Claude-Christian - General - Comments Off

Mea culpa

A force de vouloir fréquenter mes confrères, ne pas négliger les groupes de pairs, participer un peu à la formation de mes nouveaux collègues, de ne refuser aucune occasion de faire de la propagande pour mon métier, il arrive que je me surprenne à respirer, manger, ne vivre qu’en terme de « sens de l’action », « écologie personnelle », « maximisation de votre efficacité », « faire de vos rêves votre quotidien », « recherche de votre potentiel », et mille autres grands vents portant vers la stratosphère.
Sauf que l’essentiel de mes clients ne vit pas dans cette stratosphère !
L’un vit dans la nécessité d’éviter la dégradation des résultats de la boite dont il a la charge; l’autre dans la conduite au quotidien de son projet de passer du statut de salarié à celui d’associé dans sa société ; l’autre encore dans le besoin de normaliser ses relations avec son boss, ou d’éviter le chômage, etc… Bref, la majorité de mes clients vit avec quelques problèmes bien concrets, bien précis et qui lui pourrissent le quotidien. Elle attend de moi que je l?aide à trouver des solutions rapidement, là, ici et maintenant.
Certes elle est intéressée par l’idée de réaliser son potentiel, de faire ce qu’elle a vraiment décidé de faire, de créer la vie dont elle rêve, tous slogans qui labellisent 90 % des sites des coachs. Bien sûr qu’elle perçoit toute l’importance de ces concepts, mais elle a aussi tellement besoin de boucler son dossier pour le prochain Comité Directeur, préparer le rendez-vous avec le banquier, finir le deuxième chapitre de son business plan, qu’elle n’a pas franchement envie de se poser ces intéressantes questions stratosphériques !
Bien sûr en théorie il ne faudrait pas céder !!!!!
Est-ce tellement grave de constater que l’on achète souvent ce que l’on veut plutôt que ce dont on a besoin ? Eh bien dans ce cas-là, pas de problème je descends au plus vite de ma stratosphère

Le coach “excuse”

07/05/04@03:11 - Claude-Christian - General - Comments Off

Une discussion avec une coach “en devenir” qui me fait l’honneur et le plaisir de m’avoir choisi pour être son coach, amène mon sujet d’aujourd’hui.
Elle se lamente parce qu’une de ses premières clientes l’a plantée là, en plein démarrage d’un accompagnement sur une problématique de confiance en soi.
Bien sûr nous avons exploré toutes les bévues possibles que ma coachée aurait pu faire, rappelons qu’elle termine sa formation au coaching. Nous en avons retenu certaines comme “candidat possible”. Et bien sûr ma coachée se couvre la tête de cendres. Elle pense qu’elle n’est pas assez ceci, pas assez cela, trop ou pas assez quelque chose. Il y a sûrement du vrai, mais est-ce tout?
Elle est centrée sur elle. “J’ai saccagé cette mission”.
Que se passerait-il si elle se centrait sur l’autre?
Long déroulé des faits, repris un à un, regardés pour ce qu’ils ont été plutôt que pour ce qu’ils signifiaient pour ma coachée elle-même.
Le résultat?
Oui sa cliente s’est enfuie dès que les questions de ma coachée lui ont révélé qu’elle avait pris ses services comme ultime excuse … pour ne surtout ne rien changer à sa situation. La cliente a tout bonnement refusé l’obstacle et s’en est allée confortée dans sa croyance que décidemment rien n’est de sa faute, que même un coach ne peut la comprendre.
Ah! quel métier! Bon nous allons travailler, ma coachée et moi sur …. la confiance en soi. Normal , vous ne trouvez pas?

La peur et le leardersip

05/05/04@02:12 - Claude-Christian - General - Comments Off

L?une de mes croyances fortes est que l?homme ne vit pas entre l?Amour et la Haine mais entre l?Amour et la Peur, jusque là rien de bien original car je sais partager cette croyance avec un très grand nombre de philosophes, théologiens, psychologues et, bien sûr, de nombreux coaches.
Je constate que dans l?entreprise, dans le monde du travail en général, cette croyance se vérifie chaque jour un peu plus. Nous vivons dans un monde basé sur la peur qui se traduit par la peur de perdre son job essentiellement, que cela soit très prosaïquement la peur du chômage ou que, plus subtilement, cela soit la peur de perdre son autorité, son pouvoir, son statut, son image de soi ?.
Parmi une multitude de conséquences de cet état de fait, l?une d?entre elles retient mon attention aujourd?hui : ne serait-ce pas là une des raisons pour lesquelles on manque si cruellement de leaders ? En effet comment être un bon leader si l?on est confit dans la peur ?

Si l?on s?intéresse à la vie des grands leaders on constatera que beaucoup ont connu ou connaissent la peur. Je pourrais en étaler une liste érudite, mais là n?est pas le propos et je me limiterai donc à leader universellement reconnu : Jésus Christ : Il a eu peur aussi ! Nous connaissons tous, croyants ou non, son appel à Dieu à la veille de sa mort : « Père éloigne cette coupe de mes lèvres » et « Pourquoi m?as-tu abandonné ? » Preuves suffisantes de sa peur. Et pourtant son leadership s?exerce encore de nos jours !

Alors, qu?ont donc en plus ceux qui sont vraiment des leaders ?

Prenons l?exemple d?un bébé qui apprend à marcher. Il tombe et retombe souvent lors de son apprentissage. Si ses parents se précipitent, affolés pour le relever et seulement le consoler de son échec il est peu probable que cet enfant conçoive sur le moment autre chose que de la peur. En revanche, si dans le même mouvement, ses parents l?aident à se relever en l?encourageant à recommencer son expérience encore et encore, en lui disant qu?il va y arriver, le bébé en concevra un tout autre sentiment.

La peur vient de l?ignorance de ce qui peut arriver. Or comment peut-on le plus aisément s?affranchir de cette incertitude si ce n?est en expérimentant. Mais au-delà de cette démarche qui supposerait que l?on doive réinventer la roue, le moteur à explosion et autres découvertes lorsque l?on prend le volant de sa voiture, on peut suivre aussi la voie de la confiance.

Avoir du leadership c?est entre autre mais surtout inspirer cette confiance en toute occasion.

Dès que nous avons une relation humaine nous avons le choix entre être celui qui inspire cette confiance et celui qui au contraire attise les peurs.
Qui préférez-vous avoir comme chef ? Celui qui va vous inspirer confiance ? et donc vous donner confiance en vous ? ou bien celui qui va vous inspirer la peur ?

Une seconde idée force dans cette constatation : il y a une différence fondamentale entre la motivation et inspirer la confiance. La motivation est, dans notre modèle de société fortement marquée par la compétition : Vouloir gagner parce sinon?. N?est-ce pas la peur qui est derrière ? Sauf que l?on connaît assez bien les mécanismes de la motivation alors que ceux de l?inspiration de la confiance sont plus éthérés.

Alors, pour nous coaches, qu?est-ce que cela signifie ?

Disons le tout net : nos clients attendent de nous que nous les aidions à résoudre des problèmes même si nous présentons notre discipline sous des jours bien différents et en particulier, insistons sur le fait que notre rôle est surtout de faire découvrir au client sa propre solution. Mais soyons honnêtes jusqu?au bout, quel coach accepterait de considérer sa mission accomplie s?il n?a pas réussi à faire émerger cette solution. Voilà comment nous-mêmes entrons dans une logique de peur : peur de ne pas réussir cette mission. Et le risque de projeter cette peur sur nos clients est important. (Oh ! Superviseurs ! Protégez-nous contre les projections avant toute chose !).

Choisissons donc le camp de l?inspiration de nos clients plutôt que celui de la peur. Allons vers leurs talents, découvrons avec eux ce qui marche plutôt que de rester focalisés sur ce qui ne marche pas. Posons-nous la question : « quels sont le joyaux qui se cachent au c½ur de mon client et que je vais pouvoir l?aider à polir et faire briller ? ». Cette démarche va dans le sens de « tirer vers » plutôt que de « pousser à », l?inspiration vient du dedans alors que la motivation vient du dehors.

Soyons les promoteurs des leaders « inspirant » plutôt que des leaders « motivants ».

   
     
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